Argumenter efficacement: l'importance des preuves rhétoriques

Publié le 24.02.2017 « Toutes les actualités

Vous avez peur de donner votre avis. Vous ne savez pas comment faire. Vous trouvez que les autres se défendent toujours mieux que vous… Pourtant, vous avez des choses à dire. Vous avez, vous aussi, un point de vue à formuler, un avis à exprimer, une vision du monde à proposer.

Pour vous aider à faire entendre votre voix, à mettre en avant vos désaccords avec force et conviction, la rhétorique s'appuye sur ce qu'on appelle des "preuves", à savoir des éléments de discours (façons de faire, façons d'être, façons de dire) que l'orateur produit à l'intention de ses auditeurs pour les persuader. Ces preuves renforcent le crédit accordé à celui qui parle, comme à ce qui est dit, ce qui a pour effet d'accroître la confiance du public dans les conclusions du discours.

En effet, qui accepterait de suivre les conclusions formulées par un orateur qui n'est pas digne de confiance ? Personne ! Mais la confiance n'est jamais donnée. Elle se construit dans et par le discours. Toutefois, il ne s'agit pas, pour l'orateur, de se dire digne de confiance, mais de faire en sorte que son auditoire (composé d'une ou de plusieurs personnes, peu importe) puisse le juger ainsi.

Les "preuves" rhétoriques sont au nombre de trois. Deux sont dites subjectives, ce sont l'ethos et le pathos. La troisième est dite objective, c'est le logos. L'art rhétorique donne les moyens "d'inventer" ces trois preuves, c'est-à-dire de les mettre à jour lorsque l’occasion de parole se présente.

1. L'ETHOS (-> Crédibilité)

L'ethos, d'abord, correspond à l’image morale que l’orateur donne de lui-même dans son discours. C'est la base de la confiance. Il est important que l'image produite soit cohérente avec le discours que l'on tient.

2. LE PATHOS (-> Émotion)

Le pathos, de son côté, concerne les passions et émotions de l’auditoire. Celles-ci sont intimement liées à la personnalité, au statut social, à l'âge, à la biographie, à la psychologie, etc. de ceux qui écoutent. C'est le ressort principal de l'action à laquelle le discours invite. Ignorer les passions et les émotions de l'auditoire, c'est se refuser à être en empathie avec lui.

3. LE LOGOS (-> Logique)

Le logos, enfin, concerne l’agencement des idées et des arguments. C'est la "route" que l'on emprunte pour montrer le caractère vraisemblable de ce qui est dit. Par exemple, faut-il mettre les arguments "forts", avant les arguments "faibles" ? Faut-il utiliser des exemples historiques ou tirés de l'actualité ?

Parce que les compétences argumentatives sont indispensables dans le contexte actuel et que notre liberté et notre reconnaissance sociale en dépendent bien souvent, personne ne peut s’en passer. Personne ne doit s’en passer : ni vous, ni vos adversaires, concurrents ou contradicteurs. Savoir argumenter ne tient pas du talent, c’est le fruit d’un apprentissage et d’une pratique.

C'est la raison pour laquelle, en étroite collaboration avec Loïc Nicolas, nous avons mis sur pied une formation en argumentation. Elle se déroulera les 14, 17, 21 et 24 mars prochains (en matinée). Entre théorie et pratique, cette formation vous donnera des outils et des méthodes pour affronter vos doutes et vos réticences. Elle vous aidera à prendre place dans le champ de l’argumentation et du débat.

Apprenez, vous aussi, à passer maître dans cet art !